Recommandations détaillées de la nouvelle pyramide alimentaire – analyse des niveaux
La structure des directives divise les aliments en cinq niveaux de priorité distincts, chacun avec des recommandations précises concernant la fréquence et la quantité de consommation. Pour la première fois, les directives officielles autorisent des écarts significatifs par rapport au modèle standard pour les personnes présentant des troubles métaboliques.
Fondement – légumes à faible teneur en amidon et graisses de qualité
Le premier niveau fondamental comprend les légumes pauvres en amidon et les sources de lipides de haute qualité – une véritable révolution par rapport aux directives précédentes qui plaçaient les produits céréaliers à cet emplacement crucial. Les légumes feuillus (épinards, chou frisé, roquette, laitue romaine), les légumes crucifères (brocoli, chou-fleur, choux de Bruxelles) et autres légumes (courgette, poivron, asperges, tomates, concombres) devraient être consommés à raison de 5-7 portions quotidiennes minimum.
Parallèlement, les lipides de haute qualité se situent au même niveau comme source prioritaire d’énergie. On recommande que 30-50% de l’apport énergétique quotidien provienne des graisses, avec un accent sans précédent sur leur source et leur qualité : huile d’olive extra vierge première pression, huile de coco, huile d’avocat, beurre et ghee, poissons gras (saumon sauvage, maquereau, sardines), avocat, noix et graines.
Deuxième niveau – sources de protéines de haute valeur biologique
Le deuxième niveau comprend les sources de protéines complètes et biologiquement précieuses. Les nouvelles recommandations prévoient un apport d’environ 1,2-2 grammes de protéines par kilogramme de poids corporel. Les plus prisées sont : viande de pâturage (bœuf, agneau, gibier), volaille élevée en plein air, œufs de poules élevées en liberté, poissons gras, fruits de mer et abats.
Pour la première fois, on reconnaît officiellement que pour les personnes souffrant d’insulinorésistance ou de SOPK, éviter complètement les produits laitiers peut être un meilleur choix en raison de leur impact potentiel sur le niveau d’insuline.
Troisième niveau – fruits à faible indice glycémique, noix et graines
Le troisième niveau comprend les fruits, qui ont reçu dans les nouvelles directives des recommandations beaucoup plus nuancées. Les plus recommandés sont les baies (1-2 portions quotidiennes) : myrtilles, framboises, fraises, mûres. Les fruits à haute teneur en sucre (bananes, raisins, mangue, ananas) devraient être consommés occasionnellement ou évités par les personnes insulinorésistantes.
Les directives mettent explicitement en garde pour la première fois contre les jus de fruits, même fraîchement pressés, les classifiant métaboliquement comme source de sucres simples rapidement absorbés, comparable aux boissons sucrées.
Quatrième niveau – produits céréaliers et légumes féculents
Le quatrième niveau – représentant le changement le plus controversé et révolutionnaire – comprend les produits céréaliers et légumes féculents, drastiquement déplacés de la base de la pyramide vers ses niveaux supérieurs. Pour les personnes métaboliquement saines, on recommande un maximum de 3-6 portions de produits céréaliers quotidiens, exclusivement dans leurs versions complètes (flocons d’avoine, quinoa, sarrasin, riz complet).
Pour les personnes insulinorésistantes, diabétiques de type 2 ou en surpoids significatif, les directives recommandent officiellement pour la première fois une réduction radicale à 1-3 portions quotidiennes maximum ou leur élimination complète dans le cadre d’un régime pauvre en glucides ou cétogène.
Il est extrêmement significatif que pour la première fois dans l’histoire des directives nutritionnelles officielles, on reconnaisse explicitement que pour de nombreuses personnes présentant des troubles métaboliques, l’omission complète de ce niveau peut être non seulement totalement sûre, mais significativement bénéfique pour la santé.
Cinquième niveau – sucres ajoutés et produits ultra-transformés
Le sommet de la hiérarchie comprend les produits destinés à une consommation minimale absolue ou à une élimination complète : sucres ajoutés et produits industriels ultra-transformés. Les nouvelles directives ont radicalement abaissé la limite supérieure autorisée de sucres ajoutés de 10% à maximum 6% de l’apport énergétique quotidien, soit pas plus de 25-30 grammes par jour.
Pour la première fois, les directives introduisent également des avertissements détaillés concernant les produits étiquetés « diététiques », « light » ou « allégés », qui contiennent souvent des quantités significativement accrues de sucre pour compenser la perte de goût après réduction des graisses.
Le pamplemousse est un aliment non compatible avec la prise de certains médicaments, la liste s'allonge d'années en années. La précaution est de se priver de ce produit en cas de prise de médicaments pour éviter des effets secondaires qui peuvent être graves.
David Bailey de l'University of Western Ontario et ses collègues dressent, en annexe de leur article, la liste de 89 médicaments qui interagissent avec le pamplemousse. Le niveau de risque (peu élevé, intermédiaire, élevé et très élevé) est indiqué ainsi que les événements indésirables associés à chacun d'eux et les médicaments alternatifs lorsque disponibles. Le risque est estimé élevé ou très élevé pour 43 de ces médicaments.
Parmi ces médicaments se trouvent:
- plusieurs médicaments anti-cancer
- des anti-diabétiques
- des médicaments anti-infection
- des médicaments anti-inflammatoires
- des médicaments anti-cholestérol (statines)
- des médicaments cardiovasculaires
- des médicaments psychiatriques et neurologiques :antidépresseurs, antipsychotiques (ou neuroleptiques), antidouleurs opiacés, anxiolytiques…)
- des hormones de substitution (estrogène)
- des médicaments immunosuppresseurs
- des médicaments gastro-intestinaux
- médicaments pour les affections des voies urinaires.
L'afssaps en 2008 en avait déjà signalé quelques uns, l'ansm en a rajouté en 2012 ...